Octobre 2024
Capital Humain : 3 angles d'action déterminants pour le développement des nations Africaines
Éducation, employabilité, leadership — trois leviers fondamentaux sur lesquels les nations africaines doivent agir pour transformer leur capital humain en moteur durable de croissance et de souveraineté.
L'Afrique possède aujourd'hui l'âge médian le plus bas du monde (environ 19 ans), et d'ici 2050, un tiers des jeunes de la planète âgés de 15 à 24 ans vivra sur le continent africain. Ce boom démographique est une réalité indéniable. Notre jeunesse est notre plus grande force, mais elle représente aussi notre plus grand défi. Dans une vingtaine d'années, cette immense force de travail devra impérativement être à même de créer de la valeur pour porter le développement du continent.
Le contraire serait un désastre absolu. Si nous manquons ce rendez-vous de l'histoire, cette bombe démographique se transformera en crise sociale majeure : chaque année, près de 12 à 15 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail africain pour seulement 3 millions d'emplois formels créés. Laisser cette jeunesse sans perspectives professionnelles reviendrait à ouvrir grand la porte à une explosion du chômage de masse, à une pauvreté endémique et, par ricochet, à une criminalité accrue.
Par contre, si cette jeunesse est éduquée, si ses talents sont détectés et ses compétences aiguisées, l'équation s'inverse positivement. Le chômage reculera, entraînant dans sa chute la pauvreté et l'insécurité. Un leadership mieux formé sera plus avisé, plus stratégique et capable de prendre des décisions éclairées pour nos nations. Les petites et moyennes entreprises — qui constituent le véritable poumon économique de l'Afrique — fleuriront parce que nos entrepreneurs seront enfin équipés des compétences managériales, techniques et numériques nécessaires pour pérenniser leurs activités.
Selon la Banque mondiale, l'Afrique n'exploite actuellement que 40 % de son potentiel de capital humain. Pour libérer les 60 % restants, nous n'avons pas d'autre choix que de faire travailler de concert trois domaines indissociables et complémentaires :
1. L'Enseignement supérieur et technique : Réformer pour le leadership et l'innovation
L'enseignement supérieur ne doit plus se contenter de délivrer des diplômes théoriques déconnectés du marché. Il doit devenir l'incubateur de la pensée critique, de la recherche scientifique et de la haute technicité. C'est ici que se forge un leadership avisé, capable de concevoir les infrastructures et les politiques de demain. L'accent doit être mis sur les filières techniques et scientifiques pour que nos universités produisent des concepteurs, des ingénieurs et des décideurs visionnaires.
2. La Formation professionnelle : Le moteur de l'employabilité immédiate
Tout le monde n'ira pas à l'université, et notre économie a cruellement besoin de bras qualifiés. La formation professionnelle est l'arme absolue contre le chômage des jeunes. Elle doit être rapide, moderne et agile pour doter les apprenants de savoir-faire pratiques indispensables (métiers du numérique, énergies renouvelables, agriculture moderne, industrie). Un jeune qui sort d'un centre de formation professionnelle doit posséder une compétence directement opérationnelle et monétisable sur le marché.
3. Les Entreprises et le secteur privé : Le terrain d'expression et de montée en compétences
Les entreprises ne sont pas de simples consommatrices de main-d'œuvre ; elles sont des actrices clés de l'éducation. En collaborant avec les écoles (via des programmes d'apprentissage, des stages et l'immersion), le secteur privé aide à réaligner les programmes sur ses besoins réels. De plus, en investissant dans la montée en compétences interne de ses équipes, l'entreprise devient le terreau où les entrepreneurs de demain apprennent les codes de la performance et de la création de valeur.
Ces 3 angles d'action — Enseignement supérieur, Formation professionnelle et Entreprises — ne doivent plus fonctionner en silos. Ils doivent travailler main dans la main dans le cadre d'un écosystème intégré. C'est uniquement par cette synergie que nous transformerons le défi démographique africain en un dividende économique historique. Éduquons notre jeunesse, aiguisons ses compétences, et l'Afrique créera sa propre prospérité.